Contributions et initiatives citoyennes

Régulièrement, nous donnons la parole à des Enghiennois.es. sur un sujet de réflexion ou un projet porteur de sens pour notre ville. Ces contributions peuvent être de toute nature et de toute forme.

Par Elodie O. – le 30 Novembre 2020

Les nuisances des souffleurs de feuilles dans les parcs et jardins : un problème non négligeable.

Il y a quelques semaines de cela, une Enghiennoise m’a fait part d’une problématique intéressante sur les souffleurs de feuilles dans les parcs et jardins de la ville. Elle me parlait de la nuisance sonore que cela provoquait. Elle habite à proximité d’un square de la Ville.

Il est vrai que étant passée déjà à proximité de l’un de ces engins, je l’avais également remarqué, mais n’étant que de passage, je n’y avais pas prêté plus attention. Suite à cette discussion avec cette habitante, j’ai donc décidé d’approfondir ce sujet – que j’ai compris délicat et à ne pas prendre à la légère – de la question des souffleurs de feuilles mortes. Causant, outre, des nuisances sonores certaines mais provoquant également des problèmes environnementaux et des nuisances sanitaires.

Tout d’abord, un petit rappel de ce qu’est un souffleur de feuilles (à ne pas confondre avec un aspirateur de feuilles) : c’est une machine portative projetant un flux d’air pour éloigner et regrouper les feuilles mortes tombées au sol, pour en faire un tas afin souvent de les recueillir par la suite. Remplaçant ainsi le bon vieux râteau et la pelle. Le souffleur de feuille fonctionne la plupart du temps à l’essence (bien qu’il existe des versions électriques plutôt utilisées sur de petites surfaces).

Bon, voilà pour la présentation technique brève.

Après plusieurs recherches (sources citées en fin d’article), plusieurs points non négligeables sont apparus sur l’aspect néfaste de ces machines. Et c’est là que je me suis décidée à écrire un article résumant et citant ces points.

Tout d’abord la nuisance sonore

Dans la majorité des articles que j’ai pu lire, j’ai appris que le bruit de ces engins atteignant le seuil de 85 décibels (limite pour la santé) était souvent dépassé et pouvaient monter jusqu’à 105 décibels voire 115 décibels, l’équivalent d’une tronçonneuse.

Bon…côté bien-être et apaisement, ce n’est pas l’idéal.

Le bruit de ce moteur contribue donc à la pollution sonore déjà présente dans les villes, et peut être source de maux de tête parfois d’acouphène chez son utilisateur et chez les personnes alentours subissant ce bruit.

Plus de bruits, moins de bien-être, pour une efficacité toute relative que j’aborderai par la suite.

De plus, pour éviter les débris volants les utilisateurs de ces appareils doivent porter lunettes de protection, manches longues et un masque. Surtout un masque, car ces machines « disséminent beaucoup de poussières avec une certaine puissance avec des conséquences directes sur la santé : toux, risques pour asthmatiques et danger pour les yeux. ». Sans parler des risques de brûlures et maux de dos car l’appareil pèse plusieurs kilos.

La pollution de l’air

Autre point inquiétant : l’impact sur l’air.

Ces engins sont généralement polluants : souffleurs thermiques à deux ou quatre moteurs fonctionnant avec un mélange de carburant et d’huile, renvoyant des gaz d’échappement dans l’air. « Étant dépourvu de système de lubrification, le carburant doit être mélangé à de l’huile. Près de 30 % du carburant échappe à une combustion complète conduisant à une importante émissions de polluants atmosphériques ».

Parmi lesquels : «  le monoxyde de carbone, des hydrocarbures et protoxyde d’azote, responsables de pluies acides, de réchauffement climatiques et de la formation de smog »

C’est donc une menace pour les poumons de l’utilisateur, et également une menace pour la faune et la flore de nos espaces verts.

Très bruyantes et néfastes pour l’environnement, ces machines ont été dans plusieurs villes américaines interdites.

Alors on peut s’interroger  : pourquoi ne pas remplacer ces engins thermiques par leur «cousin» électriques (fonctionnant sur secteur ou batterie) qui s’avèrent moins bruyants et moins polluants. Mais, hélas, ces derniers ont également un impact certain sur l’équilibre de la faune et la flore.

Une nuisance pour la nature des sols, la faune et la flore.

Car enlever les feuilles mortes (surtout dans un parc ou un bois) c’est priver le sol de matières organiques apportées naturellement par elles, « jouant un rôle écologique important pour protéger et entretenir l’humus.»

C’est aussi priver des invertébrés de nourriture (quand ils ne sont pas tués par ces engins). « Et en enlevant ces feuilles mortes, les souffleurs détruisent le milieu dans lequel évoluent  insectes et champignons. Ils nuisent aussi aux oiseaux qui trouvent normalement une grande partie de leur nourriture hivernale au sol. Car en supprimant le tapis naturel de feuilles mortes, les souffleuses détruisent le biotope de ces espèces et contribuent au dessèchement du sol.

Quand le sol est bétonné, le problème ne se pose pas mais dans les pelouses et parcs il faut laisser le sol fonctionner.

Efficacité relative de ces engins

Alors je me pose la question : si on a fait le choix de ces engins dans les villes il y a quelques années, c’est qu’ils doivent être efficaces ? Sinon pourquoi ?

Pourtant en parcourant ces articles je m’aperçois que l’efficacité de ces engins est toute relative. (comparée aux nuisances que cela apporte sur le bien-être, l’environnement et la santé) :

« Si les feuilles sont humides, la machine les soulève plus difficilement, et inversement si elles sont sèches, le vent peut à nouveau les disperser (…) pas beaucoup plus efficace qu’un râteau »

Retour au râteau et à la pelle

Alors pourquoi ne pas revenir au râteau et à la pelle !

J’imagine ce que pourraient dire les réfractaires à ce retour :

Certains diront qu’utiliser ce type d’engin thermique (ou électrique) permet d’employer quelqu’un moins longtemps, car la tâche serait exécutée de manière plus rapide (à vérifier…) donc créant moins de masse salariale et donc permettant de faire des économies.

Mais est-ce qu’un argument économique de ce type est suffisant quand l’impact négatif est important.

C’est un choix de société (même sur un sujet spécifique comme celui-ci mais révélateur) :

Faire un peu d’économie sur un salarié (ou une entreprise sous-traitante)

ou bien

Considérer qu’il est plus important de penser sur le long terme, en apportant plus de bien-être pour les habitants, en préservant leur santé et bien sûr celui de l’utilisateur, en protégeant la nature (végétal et animal), en permettant au sol de s’enrichir (grâce à la décomposition des feuilles) et donc finalement en étant bénéfique pour tous.

Quand tous ces bénéfices sont mis bout à bout, on fait forcément des économies ! Moins visibles en apparence mais évident dans la vie de tous les jours.

Et puis pourquoi vouloir toujours tout nettoyer à outrance ?

Sur le goudron, sur certains trottoirs, pourquoi pas, si le sol risque d’être glissant pour les passages des piétons. Mais dans un parc, un espace vert ? Je trouve cela tellement beau un parterre de feuilles en automne, ce n’est que mon avis, mais je voulais le partager avec vous.

Changer les choses petit à petit, c’est déjà amorcer un mouvement pour un meilleur futur.

Alors vive le râteau et la pelle !

SOURCES (4)

RTBF:

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_les-souffleurs-a-feuilles-mortes-des-appareils-nefastes-a-plusieurs-titres?id=10370869

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ConsoGlobe : https://www.consoglobe.com/souffleur-feuilles-bannis-cg

Courrier International :

https://www.courrierinternational.com/article/2014/11/15/plaidoyer-contre-les-souffleurs-de-feuilles-mortes

Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Souffleur_de_feuilles