Qu’est-ce qu’une (vraie) liste participative sans étiquette, et à quoi ça sert ?

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Une liste participative est une initiative citoyenne, sans programme ni candidat·e·s prédéfini·e·s qui vise à impliquer le plus grand nombre d’habitant·e·s dans la vie politique locale en les associant au processus de décision.

Une attention particulière est portée sur celles et ceux qui traditionnellement ne se sentent pas légitimes pour s’exprimer sur ces sujets. L’objectif est de proposer une liste aux élections municipales de 2020 pour mettre en œuvre la transformation écologique et démocratique souhaitée par le collectif d’habitant·e·s. Les candidat·e·s de cette liste seront désigné·e·s par un processus démocratique innovant.

Une telle liste est en générale initiée par un petit nombre de citoyens se sentant concernés par la vie de leur commune et le monde dans lequel ils évoluent, sans que pour autant cela les place dans une position hiérarchique supérieure vis à vis des autres membres de la liste qui rejoignent le groupe par la suite.

Afin d’agir en toute indépendance et de se prémunir des jeux politiques, elle n’est reliée à aucun parti, même si certains de ses membres peuvent avoir leur propre affinités avec telle ou telle formation. La liste en elle même ne recherche, ni n’accepte d’investiture d’aucun parti.

Quel sont les inconvénients des listes conventionnelles, liées à un parti ?

Une liste qui a reçu l’investiture d’un parti en devient d’une certaine manière dépendante et contrainte.

Les partis apportent un soutien logistique, organisationnel et financier aux candidats. Ceci ne se fait pas sans contre-partie explicite ou implicite.

Ainsi un·e candidat·e élu·e « sous étiquette » est incité·e à afficher son accord avec les positions officielles du parti, même lorsqu’elles contreviennent à ses convictions. Intégré dans un « club », il·elle favorisera naturellement ses membres lors des interactions avec d’autres élu·e·s, au risque que cela puisse porter préjudice à sa commune.

Le fonctionnement des partis est par ailleurs très vertical, avec une autorité descendante qui se transmet bien entendu au candidat tête de liste, mais qui se ressent également au sein de la liste.

La tête de liste est « investie » d’en haut et n’est ni négociable, ni modifiable.

Enfin chaque élu·e a un droit de vote pour les élections sénatoriales, il·elle devient « grand électeur ». Investi· par un parti, même si certain·e·s prétendent qu’au niveau local les étiquettes importent peu, voter pour une liste aux municipales équivaut à voter pour le parti de la tête de liste aux élections sénatoriales.

Il y a bien une influence plus importante qu’il n’y paraît à la couleur politique de la tête de liste que certains ne veulent bien le dire.

Tout le monde peut comprendre qu’une commune ne sera pas gérée de manière identique par une liste FN, Modem, LaRem, PS, LR, PC ou écologiste indépendante.
Ainsi la couleur politique, ou son absence, d’une liste aux élections municipales a son importance.

Quels avantages à soutenir une liste participative citoyenne ?

En premier lieu l’absence d’affiliation garantit l’indépendance, un fonctionnement plus démocratique, plus de dialogue et de possibilités d’action des citoyens tout au long de la mandature.

Les motivations profondes des personnes qui la composent est un sujet essentiel : des habitant·e·s, très impliqué·e·s dans la vie associative et sociale de leur ville, citoyen·ne·s du monde qui se présentent en tant que tel, au service de l’intérêt commun et non d’un parti politique.

En addition, les idées proposées pour alimenter un programme sont le fruit d’un travail en commun et correspondent aux envies et besoins réels des personnes qui les ont exprimées. La consultation et la co-construction sont établies dans un processus vraiment collaboratif et non figé.

Enfin une liste citoyenne permet de ramener vers l’expression publique des personnes qui s’en étaient éloignées ou s’en sentaient exclues, ne se reconnaissant pas dans les partis ou ne se sentant pas légitimes. A Enghien aux dernières municipales il y avait plus de 46% d’abstention. Ainsi malgré son score qui lui a permis d’être élu au premier tour, Philippe Sueur n’a été élu que par 35% des électeurs inscrits. C’était une victoire sans appel bien entendu, mais il est possible qu’une bonne part des presque quatre mille personnes qui ne se sont pas rendues aux urnes n’avaient tout simplement pas trouvé d’offre politique qui leur convenait, ou pensaient qu’il était impossible de changer les choses.

Nous sommes là pour montrer qu’un changement est possible dans la manière de faire la politique à Enghien, et dans la façon de gérer notre commune. Il est temps de rentrer enfin dans le XXIème siècle !

Et Enghien en Transition ?

Enghien en transition est né d’un petit groupe de citoyens, ayant en commun une vision plus écologique, plus entreprenante et plus solidaire de notre ville. Il s’est attelé, depuis de nombreux mois à réfléchir aux bases d’un projet à partager avec les enghiennois·e·s.

Parce que nous faisons le souhait qu’Enghien en Transition soit une liste citoyenne participative, nous souhaitons vous associer dans cette réflexion.

Pour cela, vous pouvez nous rejoindre au sein de la liste ou nous faire part de vos idées, de votre vision, de vos attentes pour construire ensemble notre projet.

Nous irons aussi prochainement à votre rencontre, dans les rues de notre ville, dans une démarche de dialogue et de co-construction.

Enfin, vous pourrez voter, si vous le souhaitez, pour désigner notre tête de liste, de manière démocratique.

Beaucoup de listes investies par des partis se présentent comme citoyennes et se font discrètes sur leur investiture. Pourquoi ?

A Enghien, nous constatons que deux listes investies par des partis ont pris soin de ne pas s’afficher, sans que nous en connaissions la raison.

Dans le cadre d’une démarche démocratique d’élections municipales, l’information sur les affiliations politiques des candidats nous parait essentielle.

C’est pour cela que nous avons souhaité faire le point sur ce sujet.

Voici un récapitulatif des listes déclarées à Enghien-Les-Bains en 2020 par ordre alphabétique du prénom de la tête de liste en indiquant l’investiture (ou son absence).

ListeNom de la tête de listeInvestitureSite internetParti affichéSource investiture
Tous pour EnghienAnne-Estelle LhotteAnne-estelle Lhotte Modem Mouvement démocratelhote2020.frnon au 19/11/2019mouvementdemocrate.fr
Article de la gazette du Val d’Oise
Ensemble Enghien !Dominique CharletDominique Charlet La république en Marche
Dominique Charlet Agir
ensemble-enghien.frnon, c’était le cas en novembre mais toute mention à LaREM ou Agir a disparuen-marche.fr
Objectif EnghienPhilippe Sueuranciennement UDI, UMP puis LR, désormais :
Philippe Sueur Libres !(Les Républicains – Valérie Pécresse)
philippesueur.frOuisoyonslibres.fr
Enghien en Transition !Sandra Philippeaucuneenghien-en-transition.fr
Enghien citoyenSophie MaleyDVG – pas d’investitureenghiencitoyen.fr
Enghien 21Xavier CaronXavier Caron Libres ! (Les Républicains – Valérie Pécresse) – n’a pas obtenu l’investitureenghien21.fractu.fr

C’est quoi le développement durable ? Où en est-on sur cette question à Enghien ?

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C’est quoi le développement durable ?

Définition : Une conception de la croissance économique qui s’inscrit dans une perspective de long terme et qui intègre des contraintes liées à l’environnement et au fonctionnement de la société. Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. (source Wikipédia)

Qu’est-ce que l’agenda 2021 ?

Il s’agit d’un Plan d’action pour le 21ème siècle adopté en 1992 par 120 chefs d’États lors du Sommet de la Terre de Rio. Ce plan concerne les collectivités territoriales, c’est-à-dire régions, départements, communes ainsi que les établissements publics tels que les communautés de commune ou les communautés d’agglomération. Les acteurs territoriaux se sont saisis des enjeux du développement durable, en s’engageant dans des démarches qui ont pu prendre la forme d’Agendas 21 locaux.

Ces acteurs ont pu ainsi construire ou conforter des méthodes et bénéficier de retours d’expérience de leurs pairs, acteurs engagés, notamment sur les éléments essentiels des démarches vers la durabilité : participation, transparence, pilotage ouvert, transversalité, évaluation participative, au service d’une amélioration continue de leur projet.

Qu’est-ce que l’agenda 2030 ?

En septembre 2015, les 193 États membres de l’ONU ont adopté « Transformez notre monde : le programme de développement durable à l’horizon 2030 ». L’agenda 2030 constitue un cadre stratégique qui va permettre de faciliter la mise en œuvre de la transition écologique et solidaire de la France. Il a été élaboré de manière concertée, avec les parties prenantes, dont les représentants des autorités locales et régionales et les acteurs économiques.

L’agenda 2030 considère l’ensemble des parties prenantes locales, entrepreneuriales, syndicales, citoyennes, administratives, comme étant liées dans la réussite de sa mise en œuvre. Les partenariats entre acteurs sont la clé de voûte de ce programme de transformation, en ce qu’il permet une nouvelle approche dans les modes de faire et les collaborations.

Les 17 objectifs de développement durable, établis par l’Organisation des Nations Unies, forment le cœur de l’agenda 2030. Ces objectifs de transformation globale de la société proposent une nouvelle feuille de route universelle en vue de relever les défis mondiaux liés aux changements climatiques, à la préservation des ressources naturelles, à des dynamiques de développement responsable tant dans ses modes de production que de consommation, à l’accès à tous aux biens et services essentiels, à la solidarité territoriale et intergénérationnelle.

Nouvelle feuille de route de la France pour l’agenda 2030

En France, le ministère de la transition écologique et solidaire a édité, le 20 septembre 2019, une nouvelle feuille de route pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable, fixant le cap pour « une France entreprenante, solidaire et écologique ». Cette nouvelle feuille de route propose d’accélérer les trajectoires de progrès vers un modèle plus prospère, plus inclusif et plus respectueux de l’environnement afin d’être au rendez-vous des objectifs de développement durable de 2030.

L’agenda 2030 étant l’affaire de tous, une communauté d’environs 300 acteurs publics et privés (parlementaires, ministères, entreprises, associations, collectivités territoriales, syndicats et chercheurs) ont collaboré pendant 1 an à la rédaction de cette nouvelle feuille de route.

En résumé, chronologies des événements

  • 1992 : Plan d’action pour le 21ème siècle (Agenda 21) adopté par 120 chefs d’États lors du Sommet de la Terre de Rio
  • 2015 : 193 États membres de l’ONU adoptant « Transformez notre monde : le programme de développement durable à l’horizon 2030 » (Agenda 2030)
  • 2019 : Le ministère de la transition écologique et solidaire met en place une nouvelle feuille de route afin d’accélérer les trajectoires de progrès en matière de développement durable

Où en est t-on sur cette question à Enghien?

Quelle information disponible à destination des enghiennois·e·s ?

2 principaux supports d’information, à destination des habitant·e·s, font état du sujet :

  1. Le site internet de la ville
  2. le livret développement durable 2019

Nous avons listés les éléments d’information que nous avons pu relever :

  • En termes de fonctionnement
    • Une consultation avec les habitants et 5 ateliers de travail collaboratif avec des partenaires publics et privés

Remarque : Nous n’avons pas trouvé les comptes-rendus de ces consultations et n’avons pu prendre connaissance de leur teneur

  • En termes de supports
    • 1 agenda 21 a été élaboré
    • Un agenda 21 saison 2 est en cours et il comporte 25 engagements
    • Deux générations d’agenda 21 junior ont été produites ; le premier en 2012 et le second en 2017. L’agenda junior 2017, consultable sur le site, comporte 30 actions.

Remarques : Les informations disponibles sont pauvres en détail et de nombreuses questions demeurent.

Agenda 21 : Quel est le calendrier initial de l’agenda 1 ? A quel moment intervient la saison 2 de l’agenda 21 ? Est-ce un second agenda ? Remplace-t-il le 1er agenda ? Depuis quand est-il en œuvre ? Quelles en sont les mesures ? Quel en est le calendrier de mise en œuvre ? Où peut-on le consulter ?

Agenda 21 junior : L’agenda de 2012 n’est pas joint. Quelles actions comporte-t-il ? Quel est leur niveau de réalisation ? Faut-il considérer que celui de 2017 annule et remplace l’agenda 2012 ? Quels sont les états d’avancements de l’agenda junior 2017 ?

  • En termes d’avancement
    • 86% des actions de l’agenda 21 auraient été réalisées
    • 70% des 27 actions de l’agenda 21 junior auraient été engagées et 50% des actions de l’agenda 21 global seraient également engagées

Remarques :

En l’absence d’indicateurs de suivi, nous ne savons pas à quoi correspondent les 86% de réalisation de l’agenda 21. Nous ne savons pas non plus où en est l’agenda 21 saison 2.

En conclusion

En l’absence de feuille de route partagée « développement durable pour Enghien » qui nous permettrait d’avoir une idée claire et précise des axes de développement travaillés par la ville à horizon 2030 et plus,

En l’absence d’états initiaux, bilans ou diagnostics établis pour aider à préciser les choix stratégiques développés (qualité de l’air dans la ville, bilan énergétique de la commune, bilans sonores…),

En l’absence de poste développement durable dédié dans le budget,

Au regard de l’agenda 21 version 2009 qui fait état de 18 engagements et d’actions « pour aller plus loin » sans aucune obligation de résultat et sans en préciser le calendrier,

Et en considérant que la mise en place d’une politique de développement durable a commencé en 2006 à Enghien,

Nous estimons que le bilan de la politique de développement durable en vigueur à Enghien est nettement insuffisant en raison notamment du manque de stratégie et d’implication des pouvoirs publics locaux en place, du manque d’information et de transparence sur cette question, du manque de volonté de co-construire avec les enghiennois·e·s et qu’en réponse aux enjeux environnementaux et sociaux, il convient de bâtir une feuille de route ambitieuse pour notre ville.

Les élections municipales comment ça marche à Enghien ?

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Les élections municipales visent à établir la composition du conseil municipal, qui ensuite désigne le maire et ses adjoints. Le nombre de conseillers municipaux dépend du nombre d’habitants de la commune. Dans notre ville il est de 33 conseillers.

Chacune des listes doit comporter autant de candidats que de sièges à pourvoir, soit 33 personnes pour Enghien-Les-Bains.

En France aux élections de 2014, 926.068 personnes étaient sur une liste, soit près d’un électeur sur quarante neuf. A Enghien-Les-Bains en 2014 c’était un électeur sur 60, et en 2020 avec la multiplication des listes issues de la majorité municipales (4 listes de l’ancienne équipe municipale) ce sera un électeur sur 34. Ceci expliquerait peut-être pourquoi certaines listes n’ont pas hésité pas à présenter des personnes décédées comme ce fut par exemple le cas à Enghien-Les-Bains en 2014 (liste FN).

La liste vainqueure est celle qui obtient plus de 50% des voix au premier tour ou le plus de voix au second. Cette liste bénéficie d’une « prime au vainqueur », qui annihile grandement l’aspect « proportionnelle » de ces élections. En effet le vainqueur dispose automatiquement de la moitié des sièges du conseil municipal, le reste des sièges étant distribués à la proportionnelle en fonction de la règle de la « proportionnelle à la plus forte moyenne ».

Pour ceux qui souhaitent aller dans le détail de cette règle, vous pouvez consulter cet article.

Pour vous illustrer le nombre de siège qu’il est possible d’obtenir en fonction du score de l’élection, nous sommes partis d’un cas fictif où seules deux listes seraient présentes dans une commune de la taille d’Enghien. La réalité peut différer au maximum d’un siège en fonction du nombre de listes présentes, et du score de chacune.

Nombre de sièges012345678252627282930313233
Score en %05,8911,7717,6623,5529,4335,341,1847,0750,0252,9558,8464,7370,5976,4882,3688,2594,14

Ce système crée bien entendu des effets de seuil puisqu’il faut obtenir près de 6% pour obtenir un siège supplémentaire, mais le seuil les plus important se situe à 50%, car le vainqueur obtient d’office 17 sièges.

Ceci est conforme au système démocratique mis en place sous la cinquième république, permettant aux citoyens de voter pour élire des représentants, qui, une fois élus, peuvent faire ce qu’ils veulent sans aucun contre-pouvoir. Appliquer le programme qu’ils ont présenté durant leur campagne … ou tout l’inverse.

On peut s’en réjouir ou le regretter. De notre côté nous préférerions une élection municipale purement à la proportionnelle qui permet à chaque élu de représenter à 100% les personnes qui ont voté pour lui, au lieu de leur conférer un statut de simples observateurs sans aucun pouvoir.

C’est pourquoi chaque voix compte. Votre voix est celle qui peut nous donner un élu de plus … ou 17.